vendredi 26 septembre 2008

Bad beat

Certains d'entre vous savent que je me préparais pour un challenge original : un triathlon.
Je viens d'apprendre que celui que je comptais faire (le 5 octobre à Hyères) est annulé, faute de participants en nombre suffisant...
L'autre possibilité est le 19, mais c'est le week-end où on sera à Dublin.
Du coup je suis dégouté, je me suis entrainé dur pour rien. Enfin je ne désespère pas de trouver une autre date.

lundi 22 septembre 2008

Je déménage complètement...


Le titre n'a rien à voir avec ma santé mentale (pas encore), ni avec mon appart que j'aurai pu hypothéquer pour éponger mes dettes ;)

J'ai retiré une grosse partie de ma BR d'Everest (enfin, ce qui en restait).
Rien à voir avec le bad run du moment, c'est juste que je voulais changer d'air depuis un moment, et j'attendais la nouvelle non-augmentation de bonus Everest pour le faire.

Pour l'instant les $ sont sur neteller, et je ne me suis pas décidé sur la destination : a priori PS, FT ou peut-être Winamax. A moins qu'on ne me propose une autre room intéressante (si quelqu'un a un bonus de parrainage quelque part, je prend). Des idées?

Pour voir, j'ai un peu retesté PS et FT avec ce qui me reste dessus. Sur PS (pour démentir le commentaire de Pepe sur mon dernier billet), j'ai pris des horreurs aussi "belles" que celles d'Everest, notamment un magnifique KK battu par J8o sur un flop QJT après un 3-bet pf (boite au flop et 8 à la river pour la petite histoire). Je sais donc que les cartes continuent de ne pas me sourire, et ce quelle que soit la room (je ne crois pas d'ailleurs que tel ou tel site augmente la fréquence de bad beats). J'ai trouvé le niveau très bas, mais c'est plutôt lié au fait que j'ai tenté des petits buy-in.

Je vais repartir d'assez bas (compte tenu de ce que j'avais encore récemment). Sans doute des SNG 5 et 10$, avec une BR de départ de 500$, ce qui me laisse encore autant sur neteller en cas de coup dur. J'ai un peu l'impression d'avoir gâché des mois de "dur labeur" (j'essaie de ne pas oublier que le poker reste un jeu), mais je suppose que ça fait partie de l'apprentissage.

Au moins, nouvelle room, nouvelle bankroll, tout est réuni pour un nouveau départ. Manque plus que la nouvelle chatte.

mercredi 17 septembre 2008

Crise financière : le marché plonge

Lehman Brothers est broke, AIG touche une river miraculeuse mais son M reste sous la moyenne, la majorité des joueurs encore en course sont tous short stack et très inquiets. La table finale pourrait arriver plus tôt que prévu. Fed (le tournament director) est très vigilant.

En ce qui concerne l'action k_raf sur la bourse Everest, ce n'est guère mieux : la tendance est à la baisse depuis un moment déjà, et aucune action entreprise par le comité directeur n'a réussi à inverser la tendance. Même la dévalorisation de limite n'a pu enrayer la chute actuelle.
L'actionnaire principal est très atteint et il suspend momentanément l'activité sur l'action pour éviter le dépot de bilan. La reprise technique se fait attendre.

Toutefois, l'action ayant déjà connu deux grosses crises, il n'y a pas de raison de penser que celle-ci soit particulièrement fatale... La bourse est faite de hauts et de bas et la tendance s'inversera forcément.

lundi 8 septembre 2008

Nouvelle saison : objectif maintien

Outch
Depuis que j'ai ouvert ce blog, je vois ma bankroll fondre à vitesse grand V. En fait elle a même été divisée par 2 en tout juste 1 mois. Et la semaine écoulée a été carrément catastrophique (-1k).
Au début, il est normal d'incriminer la malchance du moment. Puis un peu de tilt vient s'en mêler, malgré les meilleures résolutions du monde.

Mais il faut aussi faire le constat suivant : je ne joue pas bien. Sans doute un peu de facilité (je sais que ce fish m'a battu, je vais caller son river bet pour m'en assurer...), un peu d'impatience (call boite avec pp5 en SNG après surrelance parce que c'est ma première vraie main), et aussi un manque de respect des règles élémentaires.

Mon plan d'action est le suivant pour remonter la pente :
- Ralentir un peu l'activité poker : jouer moins souvent, moins longtemps et sur moins de tables. Ca permettra de jouer plus concentré. Et si le bad run se poursuit, ça ralentira au moins la chute.
- Se concentrer sur les activités ou je me sens pas trop mal : le CG PLO et les SNG HE. Moratoire sur le cash game en HE, je fais vraiment n'importe quoi. Le temps de reprendre de la confiance et des $, et il sera bien temps de s'y remettre.
- Ne pas avoir honte de redescendre de limite. Donc péter la gueule à cet ego de merde (rien que de l'écrire, ça fait du bien).
- Ne pas s'apitoyer sur les $ perdus. Le passé c'est le passé. Je me retrouve comme pour un nouveau départ avec ma BR de 2k, ce qui est somme toute pas mal.
- Regarder les vidéos d'Alex et Morgan :)

Dans cet océan de médiocrité, j'ai quand même la satisfaction d'avoir battu hier en SNG HU PLO blindmaster, un des pros Everest sélectionné lors du dernier Live the dream (même si je chatte le dernier coup)...

jeudi 4 septembre 2008

ICM : vive les jetons indépendants!

Merci l'émulation. Tout le monde a fait son blog, et tout le monde l'alimente, même Momo! ;) Du coup il faut que je mette à jour le mien.

Encore une fois je ne vais pas parler de mes résultats online qui ont une grosse variance, mais pas de winrate. Les déconnexions intempestives de ma livebox ne facilitent pas les choses.

Je vais plutôt faire suite au dernier billet de Simon (ici) -qui lui même était déjà la suite d'une main commentée- pour parler de l'ICM, enfin de ce que j'en sais actuellement.

L'ICM (Independant Chip Model) est une façon de calculer une espérance de gain sur un tournoi.
L'hypothèse de départ (mathématiquement démontrable) est que la chance que quelqu'un gagne le tournoi est proportionnelle à son nombre de jetons, si on suppose que tous les joueurs ont le même niveau.
Cela permet de calculer le nombre de chances qu'ont chacun des joueurs de terminer à la 1ere place (ainsi qu'à la 2e, à la 3e, ...). En prenant en compte le prix en $$ attribué à chacune de ces places, on obtient l'espérance de gain réelle de chacun.

Du coup, on ne voit pas un coup de la même façon. L'EV individuelle d'un coup isolé (incontournable en cash game) s'efface derrière la vision globale sur le tournoi.
Dans l'exemple de Simon, le coup est EV+ et un joueur de cash game se doit de suivre. En revanche le calcul de l'ICM montre que l'espérance de gain n'est pas forcément positive au niveau du Sit 'n Go.
Quand on a commencé le poker, on s'est tous rendu compte que folder les as à la bulle d'un tournoi satellite est profitable. L'ICM doit nous le démontrer facilement.

La vraie difficulté du calcul de l'ICM est qu'elle fait intervenir les données du coup, mais aussi les stacks de tous les joueurs encore en course et la répartition des prix.
Heureusement, il existe plusieurs calculateurs sur le net, dont au moins celui-là directement utilisable sans téléchargement.


Il y a sans doute d'autres éléments à prendre en compte (qui se lance dans un billet sur la théorie des blocs?).

Au delà du calcul précis de l'espérance d'un coup, je pense que de garder ce concept en tête quand on joue permet de prendre le bon risque au bon moment ou au contraire de jouer la survie quand il le faut.

lundi 25 août 2008

Docteur, je dois vous parler, j'ai eu de la chance...

Mon billet d'hier sur mon "coup de chatte" dans le Var m'amène trois pistes de réflexions, sur le thème de la chance/malchance :

Ressasser le bien, oublier le mal
Si vous devez raconter un coup marquant, vous choisirez souvent un gros bad beat ou un méchant accident que vous avez subi. La mémoire est souvent bien sélective...
On raconte rarement les coups de chance dont on a profité, surtout quand on a mal joué. On ne raconte jamais quand AA bat 72o, car c'est un coup normal.
On devrait! Il faut se souvenir de tous les coups quasi perdus qu'on gagne à la river, de ces all-in désespérés qui craquent les as et permettent d'emporter un gros gain ou de revenir dans un tournoi.
On devrait même se vanter qu'on a gagné les 4 derniers coin flips consécutifs ou que les as ne se sont pas fait craquer depuis 10 jours (si si, ça arrive).
Cela aide à relativiser (voire même anticiper) les mauvais coups, inévitables, et auxquels il ne sert à rien de penser et repenser. Il vaut mieux tout de suite se reconcentrer. Aucun joueur de poker ne peut remporter tous les coups où il part favori.
J'avais bien aimé la phrase d'un champion (je ne sais plus qui), qui à la suite d'un bad beat a répondu à son adversaire qui s'excusait : "Ce que tu viens de me faire, je l'ai déjà fait à d'autres".

La théorie du dé
A partir de quel pourcentage un coup perdu est ressenti comme un bad beat? Cela dépend de la sensibilité individuelle, du montant ou de l'enjeu du pot, de la configuration du coup (accident inévitable ou call affreux du vilain?), etc...
Si je prend un dé à 6 faces, j'aurai du mal à parier ma maison que le 6 ne va pas sortir au prochain tirage (même si c'est EV+). En effet, aucun coup n'est garanti d'avance. Et pourtant, une face donnée n'a que 17% de chance de sortir, le même pourcentage environ qu'un affrontement pp2 vs ppA.
C'est sans doute très con, mais je pense souvent à cet exemple pour relativiser un sale coup.

Comprendre c'est bien, accepter c'est mieux
J'ai déjà vanté sur ce blog les mérites du livre Poker Mindset. Deux des thèmes récurrents sont les suivants :
- la chance domine le court terme, les skills dominent le long terme,
- un joueur de poker doit comprendre et accepter cette réalité.
Rien de nouveau, direz-vous? En étant vraiment honnête, j'ai du reconnaitre que je comprend cette réalité depuis bien longtemps, mais que j'ai toujours un peu de mal à l'accepter. Une piste de travail supplémentaire.

Dernier point, même s'il n'est pas très original : un bon joueur subit forcément plus de bad beats qu'il n'en donne...


bon tout ça c'est joli à froid, mais ça ne m'a pas aidé hier soir quand j'ai pris un 2-outer dans la gueule sur un pot énorme :(

Chat noir, chat blanc

Passons vite fait sur les résultats online du moment : ils ne sont tout simplement pas bons. La faute à une combinaison de malchance et de tilt, et sans doute que je ne joue pas actuellement à mon meilleur niveau.

Sinon, de retour du tournoi du Var, je reviens sur une main qui a fait jaser :

Je suis dealer, et j'ai 3500 jetons sur des blinds 200-400, soit un M de pas tout à fait 6. Tout le monde folde jusqu'au cut-off (Vanessfrog) qui limpe.
Je découvre K5s et ma réflexion est la suivante :
- Je n'ai plus que 3 adversaires. Je n'ai aucune idée de ce que les blinds ont en main, mais je n'ai pas de raison de penser qu'ils ont une main formidable.
- Le cut-off a une main moyenne (une petite paire, un suited connector, un mauvais as), sinon elle aurait relancé (à moins de tomber sur un joueur tricky, mais ce n'est a priori pas le cas de Vanessa).
- Si je boite, il y a donc peu de chances que je sois suivi par les blinds, et presque encore moins de chances que je sois suivi par le limpeur. J'ai donc une folding equity énorme (mon tapis est en-dessous de la moyenne, mais il est quand même très menaçant).
- Si je suis callé, aucun doute : je suis derrière. Mais je ne suis pas mort pour autant (pokerstove me donne 30% de chance face à pp7+, AK, AQ, AJs, KQs, qui sont les meilleures mains qui peuvent me caller, et sans doute les seules face à des joueurs sérieux).

En considérant que je prend le pot sans douleur dans disons 3/4 des cas (c'est même pessimiste je pense), et que je double dans 30% des cas restants, mon équité finale est :
3/4x1000+1/4x(-3500x0,7+4100x0,3)=+445
A partir du moment ou le coup est EV+, il n'est pas incorrect.
Un point tout de même à souligner : si je suis callé et que je perd (dans environ 17% des cas dans l'exemple ci-dessus), je n'ai plus de jetons, ce qui est très mauvais en terme d'ICM ;).
A noter également que le move est sans doute meilleur à tenter avec un roi en main qu'avec un as, car j'ai moins de chances d'être dominé si on me suit. Enfin si le coup est relancé avant moi, c'est un easy fold.

Pour la petite histoire, la petite blind me suit avec JJ (68% de chances de gain), et 3 piques au flop tuent le suspense en ma faveur.
Notons que dans son cas, j'aurai sans doute été également assez dégouté. C'est la preuve qu'en poker 2 joueurs peuvent prendre une bonne décision en même temps, mais un seul gagnera.

Epilogue
Ce coup m'a permis d'avancer assez loin dans le tournoi. Je sors finalement 11e, avec AQ qui perd face à JJ. Ma réaction? : "pfff, décidément, en ce moment, j'ai pas un coin flip qui passe" ;)